CARITAS DEVELOPPEMENT GOMA
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Caritas-Développement Goma (Caritas), un partenaire du projet Femmes en Action

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Caritas-Développement Goma (Caritas) est un partenaire du projet Femmes en Action, mis en œuvre de 2023 à 2026 dans l’Est de la République démocratique du Congo et dont l’objectif ultime est d’accroître l’autonomisation et l’adaptation aux changements climatiques des jeunes filles et femmes vulnérables tout en contribuant à la conservation forestière. Nous sommes allés à la rencontre de Chimène MwanaW’Eka, gestionnaire de programmes au sein de Caritas et chargée de la coordination des activités du projet Femmes en Action. Elle nous partage dans cette entrevue les principales missions de son organisation et son expérience spécifique dans le cadre du projet Femmes en Action. Le projet est financé par Affaires mondiales Canada (AMC).

Crédit photo : Caritas Goma Wardik

Quelle place occupe l’autonomisation des femmes dans la mission de Caritas ?

L’autonomisation des femmes occupe une place centrale dans la mission de Caritas. En effet, celle-ci s’inscrit pleinement dans sa vision de promotion de la dignité humaine, de justice sociale et de développement intégral. Elle s’intègre dans nos programmes de manière transversale, notamment par la promotion du leadership féminin et de la participation des femmes aux processus de prise de décision pour le changement social. Cela passe également par la protection et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), qui répond à un besoin essentiel des femmes et des filles au Nord-Kivu actuellement, en permettant que les survivantes de violences aient accès à une prise en charge psychosociale, juridique et économique adaptée.

De manière plus globale, dans sa mission de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, Caritas reconnaît que le développement d’une communauté est impossible sans la participation pleine et entière des femmes. Le renforcement de leurs capacités économiques, sociales et décisionnelles est perçu comme un levier majeur de transformation durable de la société. Cela s’inscrit par ailleurs dans une vision évangélique et humaine qui considère que chaque personne, femme ou homme, comme créée à l’image de Dieu et digne de respect. L’autonomisation des femmes vise donc à restaurer leur dignité, souvent bafouée par la pauvreté, les discriminations ou les violences.

Pouvez-vous nous expliquer comment Caritas aide les femmes à développer des activités génératrices de revenus ? Avez-vous des exemples ?

Caritas – Développement Goma appuie les femmes dans le développement d’activités génératrices de revenus en deux temps : d’abord à travers la formation et le renforcement de capacités, puis en leur permettant d’optimiser leurs ressources et d’accéder à du financement additionnel. Dans un premier temps, les formations professionnelles portent sur des thématiques telles que la menuiserie, l’informatique, la coupe-couture, etc. À l’issue des formations, les participantes reçoivent des kits de réinsertion pour mettre en pratique les compétences acquises au sein de leur communauté et améliorer les revenus de leur ménage. Caritas assure un accompagnement post-formation favorisant des échanges continus entre les apprenantes et les formateurs, afin de garantir une assimilation complète des compétences acquises et un impact durable.

L’organisation met aussi en place des groupes de solidarité et des communautés d’épargne et de crédit interne, accompagnés et suivis pendant neuf mois. À la fin du cycle, les membres se partagent les épargnes et les bénéfices, puis sont mises en lien avec des institutions de microfinance pour développer davantage leurs activités. Cela représente un réel levier d’autonomisation économique pour les femmes participant à ces groupes.

Exemples de projets : Femmes en action, projet MAMA, programme TUINUKE (avec Caritas Australie), Restoring Hope and Dignity (avec CAFOD).

Pour quelles raisons Caritas a choisi d’être partenaire avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie et du Jane Goodall Institute Canada pour le projet Femmes en Action ? 

La Caritas Goma est une organisation qui place les valeurs de respect et de dignité de l’être humain au cœur de son action. Partageant la même vision que la Fondation Paul Gérin-Lajoie — contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations et œuvrer pour un monde plus juste et équitable — cette collaboration s’est imposée comme une évidence et une opportunité bénéfique pour oeuvrer auprès de la communauté congolaise avec laquelle nous travaillons depuis plusieurs décennies. La collaboration, à travers le projet Femmes en Action mais aussi ÉDUFAM, vise à permettre aux femmes et aux hommes, ainsi qu’aux groupes et aux communautés, d’exercer leurs droits, de préserver leur dignité et de réaliser leur plein potentiel.

Engagée également dans la protection de l’environnement, Caritas Goma voit dans une collaboration avec Jane Goodall Institute une occasion précieuse de renforcer davantage ses actions en faveur de la préservation de l’environnement.

Quelles sont les valeurs ajoutées de ce partenariat ? 

Jamais auparavant, dans le cadre de ses collaborations avec d’autres partenaires, la Caritas n’avait mené un projet plaçant la femme au centre de ses activités. Ce partenariat a permis de valoriser la femme au sein de la communauté et de renforcer la prise en compte de ses droits.

Profondément engagée depuis longtemps en faveur de l’épanouissement et de l’autonomisation des femmes, Caritas Développement Goma a, à travers les projets Femmes en Action et ÉDUFAM, concrétisé une vision qui lui est chère : la promotion de la dignité humaine, de la justice sociale et du développement intégral.

Quelles initiatives contribuent à renforcer le pouvoir économique et social des femmes ?

Premièrement, d’un point de vue économique, Caritas Goma soutient la valorisation du potentiel économique des femmes à travers le renforcement de leurs capacités économiques. Cela inclut notamment des activités de formation professionnelle et technique, d’appui dans la création et la gestion d’activités économiques ou encore la garantie de l’accès à du financement. Cela se fait par exemple à travers la mise en place de mutuelles de solidarité et de micro-crédit. Les femmes sont aussi accompagnées dans la structuration de leurs coopératives, permettant de renforcer leur solidarité et de permettre un accès équitable aux ressources productives.

Par ailleurs, la sensibilisation et les dialogues communautaires jouent un rôle clé pour promouvoir la participation active des femmes à la vie communautaire et institutionnelle.  Cela permet notamment de favoriser l’engagement citoyen des femmes et des communautés envers leur autonomisation et leur place dans les instances publiques. Les femmes sont aussi renforcées en tant qu’actrices de changement, à travers des initiatives d’éducation et d’alphabétisation, qui sont selon nous un pilier fondamental de l’autonomisation. Par exemple, l’alphabétisation fonctionnelle des femmes adultes permet de renforcer leurs compétences à gérer des activités économiques, et le soutien à la scolarisation des jeunes filles devient un levier de changement générationnel durable en faveur de l’égalité des genres.

La protection et la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre est également centrale à l’autonomisation économique des femmes car elles se retrouvent généralement exclues des communautés et activités socio-économiques. L’accompagnement de Caritas Goma, par une approche centrée sur la survivante, permet d’accroître leur résilience et de permettre leur réinsertion communautaire.

Finalement, Caritas joue un rôle de plaidoyer et de mobilisation sociale en faveur de l’accès des femmes aux ressources économiques, à la terre et aux instances décisionnelles. L’objectif des initiatives de plaidoyer est de mobiliser les acteurs communautaires, religieux et administratifs autour de la promotion des droits des femmes et d’arriver à une approche concertée, inclusive et durable de l’égalité des genres.

Nous disons grand merci à Femmes en Action et pour tout ce qu’il fait pour nous. La connaissance est une richesse que nous n’avions pas mais que désormais nous avons grâce à ce projet” Hozana ZIKAMABAHARI, participante au projet. En effet, Hozana souligne dans son témoignage que le projet a permis à sa communauté de mieux comprendre l’impact de leurs activités, telle que la coupe d’arbre, sur les changements climatiques et les catastrophes naturelles. Crédit photo : Caritas Goma Wardik

Quel témoignage d’une participante du projet Femmes en Action vous a le plus marqué ?

Joséphine NAMAVUSENGA, 56 ans, mère de 7 enfants et grand-mère de 10 petits-enfants et cultivatrice

Crédit photo : Caritas Goma Wardik

Même s’il est difficile de choisir un témoignage en particulier, je peux penser à celui de Joséphine Namavusenga, 56 ans, qui m’a particulièrement marquée. En effet, grâce au projet Femmes en Action, elle a pu devenir propriétaire d’une parcelle pour y développer ses activités. Elle a affirmé : « Je suis fière de celle que je suis devenue aujourd’hui, car c’est grâce au projet Femmes en Action et à toutes les formations reçues que j’ai pu m’acheter une parcelle […] Certes, c’est une petite parcelle, mais grâce à elle, aujourd’hui, je suis respectée par mon mari et par mes enfants. C’est la première fois de toute ma vie qu’un document parcellaire porte mon nom comme principale responsable. Avec la formation en alphabétisation que j’ai suivie dans ce projet, j’ai écrit moi-même mon nom sur le papier et j’ai aussi mis une signature ».

Il s’agit d’un accomplissement particulièrement remarquable dans un contexte où les femmes sont souvent exclues du foncier. En effet, Joséphine avait grandi avec l’idée que les femmes n’avaient pas le droit à la terre.

En revenant sur l’acquisition de sa parcelle et de ses nouvelles connaissances sur ses propres droits fonciers mais aussi en techniques agroécologiques, Joséphine pense à l’avenir : « Mon projet est d’y construire une boutique où je mettrais différents articles. Avec la boutique, je serai encore plus autonome et je pourrais continuer à subvenir aux besoins de ma famille et pourquoi pas à ceux de mon mari ».

Communication

Fondation Paul Gérin-Lajoie

 

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