Du 25 au 26 novembre 2025 s’est tenu à Kigali en République du Rwanda un atelier de formation sur le journalisme de paix, auquel les journalistes des pays des Grands Lacs ont pris part pour être instruits sur le rôle des médias dans la recherche de la paix et la lutte contre les discours de haine. Une activité organisée par la Commission épiscopale Justice et Paix Rwanda (CEJP) en collaboration avec TROCAIRE.

Renforcer les capacités des professionnels des médias en vue de promouvoir la culture de la paix et de contribuer à la cohésion sociale dans les pays des Grands Lacs, a souligné d’entrée de jeu Albert Baudouin, facilitateur dudit atelier et directeur du média Pax Press à Kigali.
S’inscrivant dans le cadre du projet AMANI KWETU, cet atelier de formation a réuni des journalistes venant des diocèses de Goma, Bukavu, Cyangugu, Nyundo et du Burundi, des représentants au niveau national du Rwanda ainsi que les coordinateurs CDJP des différents diocèses cités.
De cette assise, il est ressorti que dans la manière de rapporter, de rédiger et de diffuser, le journaliste doit dire sans nuire, dénoncer sans condamner, informer sans décourager ainsi qu’expliquer sans porter jugement. Et de surcroit, le journaliste est engagé pour les bonnes causes, son rôle est d’enquêter et de rapporter des faits et des témoignages sur ce qui fonctionne mal, non de jouer les policiers ou les juges.
Pour Waridi Kone, participante et Responsable de la cellule de communication à la Caritas Goma, cet atelier a ouvert des nouvelles connaissances dans sa profession surtout à ce qui concerne le rôle du journaliste dans la quête de la paix :
« Cet atelier a été pour moi un moment d’apprentissage surtout sur la matière du journalisme de paix qui est un nouveau concept pour moi mais très capital aussi dans ma profession. J’ai compris qu’avant de rédiger, de rapporter ou de diffuser une ou telle autre information, je dois faire un examen de conscience pour analyser si des faits que je vais rapporter ne vont pas nuire au consommateur de l’information et informer sur les éléments qui contribuent à redonner le moral et à susciter d’autres initiatives. Il est important de savoir que par nos mots et nos images on peut tuer. Il nous revient alors en tant que journaliste de paix de chercher comment unir au lieu de séparer ; comment comprendre au lieu de juger ».
Et dans une région comme celle des Grands-Lacs, longuement affectée par des conflits régionaux, je dois dans ma manière d’informer éviter tout mot ou tout message incitant à la haine ou à la guerre, a-t-elle renchéri.

De son côté, Angèle Buke, participante et chargée de communication, assistante à la Caritas Goma, c’est les nouvelles connaissances acquises dans cet atelier de formation qui l’ont émue : « À travers cette rencontre des journalistes de la région des Grands Lacs, je m’engage désormais à informer de manière à inciter les couches des populations à prendre conscience et à s’engager dans la recherche de la paix. Les titres de mes articles, les chapeaux, l’attaque, le corps et la chute ne doivent pas avoir des globalisations ou des stéréotypes puisque ces derniers pourraient être des éléments déclencheurs de haine », a-t-elle ajouté.
Signalons qu’au terme de cette activité, un plan d’activités a été élaboré par les participants. De telles activités qui seront exécutées entre les diocèses transfrontalières (Goma-Nyundo et Bukavu-Cyangugu) dans l’objectif de construire la paix et la cohésion sociale.
Cellule de Communication