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Projet “Femmes en Action” : trois ans après, entre acquis durables et valorisation du leadership féminin

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Trois ans après l’exécution du projet Femmes en Action, mis en œuvre au Sud-Kivu (Kabare, Kalehe et Mwenga) et au Nord-Kivu (Walikale), l’heure est au bilan. Dans cet entretien, Marie Meloche, Directrice des Programmes au Jane Goodall Institute Canada, revient sur les principales réalisations, les défis rencontrés, ainsi que les perspectives de pérennisation des acquis. Pour Marie, trois ans après sa mise en œuvre, le projet Femmes en Action laisse entrevoir des résultats encourageants, portés par la collaboration, l’adaptabilité et la valorisation des savoirs locaux. Au-delà des réalisations, cet entretien met en lumière une vision centrée sur la durabilité, l’autonomisation des femmes et l’engagement continu des communautés. Ci –dessous l’entièreté de l’interview accordée à la cellule de communication du projet Femmes en Action.

Marie Meloche

 

1. Trois ans après la mise en œuvre du projet Femmes en Action, quelles sont vos plus grandes fiertés ?

Marie Meloche : Il y en a plusieurs, mais si je dois me concentrer sur les plus grandes fiertés, je commencerais par la collaboration entre les partenaires. Des partenaires qui parfois se connaissaient peu, qui travaillent dans des zones très différentes, mais qui ont appris à travailler ensemble dans un esprit de complémentarité et de valorisation des expertises. C’est vraiment une grande fierté pour moi et pour toute l’équipe du projet.

L’autre fierté, c’est l’adaptabilité des équipes. Le contexte a été complexe pour différentes raisons, notamment en matière de sécurité et d’organisation. Malgré cela, l’équipe a su trouver des solutions, adapter les calendriers et atteindre les résultats prévus, voire les dépasser.

Enfin, je dirais que la troisième grande fierté concerne la place centrale accordée aux savoirs locaux, en particulier ceux des femmes. Le projet a permis de mettre en lumière ces savoirs, tout en y intégrant des technologies et des approches innovantes, dans un esprit de complémentarité et d’égalité.

2. Quelles sont aujourd’hui les priorités après la mise en œuvre du projet ?

Marie Meloche : La priorité principale, c’est la pérennisation des acquis. Il est essentiel de comprendre que ce n’est pas parce que le projet se termine que le travail s’arrête. Les organisations et les communautés doivent continuer à s’engager.

Il est aussi important de reconnaître les résultats obtenus. Le projet avait une durée relativement courte, mais il a permis de grandes réalisations. Il faut donc valoriser ces acquis tout en continuant à avancer.

3. Comment garantir la continuité des actions après la fin du projet ?

Marie Meloche : Il faut penser à l’après dès le début. Avant même de lancer un projet, il est essentiel d’intégrer la question de la durabilité. Cela passe par une bonne compréhension des besoins réels des communautés et par une approche à la fois immédiate et à long terme.

Il est également crucial de travailler en partenariat avec les communautés. Les décisions doivent être prises ensemble, de manière réaliste et adaptée. La durabilité repose sur un engagement commun, du début à la fin du projet.

Sur la place des communautés et des femmes

4. Les attentes des bénéficiaires ont-elles été prises en compte ?

Marie Meloche : À mon avis, les attentes ne devraient pas venir uniquement des acteurs externes ou des bailleurs de fonds, mais avant tout des communautés elles-mêmes. Ce sont elles qui doivent exprimer leurs besoins et leurs priorités.

Les femmes, en particulier, ont un savoir immense sur leurs communautés, leurs écosystèmes et leurs réalités sociales. Lorsqu’on leur donne l’opportunité de s’exprimer, elles dépassent toujours les attentes. J’espère que nous avons su répondre à leurs attentes. Mais au-delà de cela, il est important de leur offrir un espace pour s’exprimer et évaluer elles-mêmes l’impact du projet.

Sur la redevabilité et l’impact réel

4. Quel regard portez-vous sur l’impact du projet auprès des femmes ?

Marie Meloche : Il est essentiel de maintenir un dialogue constant avec les communautés et de mettre en place un véritable processus de redevabilité. Cela permet de rester à l’écoute, de répondre aux attentes et d’intégrer les retours dans les actions futures.

J’espère que les femmes se sont senties valorisées dans leur savoir et qu’elles se sentent aujourd’hui outillées pour continuer le travail. Si elles terminent le projet avec la confiance et les capacités nécessaires pour aller de l’avant, alors c’est une grande réussite.

Un message aux femmes bénéficiaires

5. Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes ayant bénéficié et participé au projet ?

Marie Meloche : Je voudrais leur dire que nous reconnaissons leur savoir, que nous les voyons dans toutes les étapes de leur parcours et que nous comprenons leur pouvoir. Nous sommes en soutien total à leur capacité d’aller plus loin. Nous valorisons et célébrons également leur courage.

Par Liv Cerba, Lydie Waridi Kone et Eliza Ngabo

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