CARITAS DEVELOPPEMENT GOMA
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Une formation sur les violences basées sur le genre (VBG) et la santé sexuelle de reproduction (SSR) au profit des femmes

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Au moins 300 femmes des organisations paysannes, bénéficiaires du projet Femmes en Action et financé par Affaires mondiales Canada (AMC) sont concernées par la formation sur la prévention des VBG et la sensibilisation aux SSR à Kalehe et Kabare (Sud-Kivu). Grâce à ce projet, ces femmes ont pris conscience des formes de violences qu’elles subissent sans pour autant s’en rendre compte et savent désormais où se plaindre pour être prises en charge suite à des VBG et des mécanismes à appliquer pour une bonne santé sexuelle et reproductive.

Le phénomène des violences basées sur le genre existe depuis longtemps et semble être plus courant en Afrique suite à des us et coutumes qui favorisent une catégorie des personnes par rapport à une autre. Des personnes victimes des dites violences sont souvent confrontées à des conséquences graves et des troubles qui peuvent être de forme physique, psychologique, sexuelle, économique, etc.  Aussi en Afrique comme ailleurs, l’éducation à la sexualité demeure taboue dans beaucoup de familles, quel que soit le milieu social, la religion ou le pays.

Adolphe Kakisingi, facilitateur dudit atelier, souligne que les VBG ont des conséquences dévastatrices sur la santé physique, mentale, sexuelle et reproductive des survivantes. Elles augmentent le risque de dépression, d’anxiété, de troubles post-traumatiques et d’infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH qui peuvent aussi influencer négativement la santé sexuelle de reproduction.

Le fait de ne pas instruire la communauté sur une bonne tenue de la santé sexuelle de reproduction engendre de nombreuses conséquences qui affectent négativement la vie des foyers, des femmes, des filles en âge de procréer, des hommes et de toute la communauté en général. Les conséquences sont donc les grossesses non désirées, les avortements illégaux qui engendrent des complications médicales et la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles, comme le SIDA, a déclaré Adolphe.

Buhoro Bisusa, mère de 7 enfants, la quarantaine révolue, témoigne avoir subi des VBG sans pour autant le savoir : « Dans notre culture ici à Kalehe, la femme n’a pas droit de parler devant les hommes. Même au foyer on n’a pas droit de participer à la prise de décision ni à orienter son homme. Ça serait alors de l’impolitesse envers son mari. Avec cette formation, je viens de me rendre compte que j’ai passé 29 ans de vie conjugale dans une situation de violence. J’ai été tabassée, insultée, marginalisée par mon mari mais je ne savais pas comment réagir face à cela suite au manque de connaissances sur les VBG et leur prise en charge. J’exhorte le projet Femmes en Action à organiser une autre formation sur les VBG  surtout pour nos jeunes filles célibataires et de faire participer nos maris pour qu’ils puissent prendre conscience de ce qu’ils nous font subir ».

Dans la foule Jeanine Kikunda, mère de 5 enfants, habitante de Lwiro et membre de l’association « mama wa Lwiro kwa ulinzi wa mazingira » a tenu à exprimer sa position face aux VBG et à la santé sexuelle de reproduction : « Tout d’abord je présente ma gratitude à la Caritas Goma et au projet Mwanamuke tenda. Nous avons subi des violences conjugales, voir même sexuelles mais nous avions peur de dénoncer et de perdre nos enfants et nos maris. A partir d’aujourd’hui, j’invite les femmes comme moi à ne plus avoir peur de dénoncer avant qu’il ne soit trop tard. Nous allons petit à petit sensibiliser nos maris aussi afin qu’ils changent. Nous venons d’apprendre aussi comment vivre une vie sexuelle responsable ; ce qui nous aidera à lutter contre des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées. Notre souhait est que ce projet invite aussi nos maris à participer aux formations ».

En effet, la santé sexuelle reproductive est un élément important de la santé physique, mentale et émotionnelle globale et du bien-être. Avoir un système reproducteur sain permet d’avoir une vie sexuelle sûre et saine et de choisir d’avoir un enfant si vous le souhaitez. Hommes et femmes doivent être informés et habilités à se protéger des infections sexuellement transmissibles. Lorsqu’elles décident d’avoir des enfants, les femmes doivent également pouvoir accéder aux services qui pourront les aider à vivre mieux leur grossesse, à accoucher en toute sécurité et à mettre au monde un bébé en bonne santé.

Lydie Waridi Kone

Communication

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