Le 25 et 26 septembre 2025, une visite de solidarité et de compassion auprès de la Caritas Goma a été effectuée par une délégation composée du Secrétaire Exécutif de la Caritas Congo, Abbé Edouard Makimba, du Coordinateur de l’équipe d’intervention d’urgence (ERT) de Caritas Internationalis, John Coughlin, et du Coordonnateur de service des Urgences à la Caritas Congo, Christian Nsangamina. La délégation, s’est rendue dans le territoire de Masisi, précisément à Malehe et Rubaya, elle s’est entretenue avec les bénéficiaires du projet Emergency Assistance (EA), un projet d’assistance humanitaire en faveurs des retournés des localités de Katembe et Malehe dans le groupement Kamuronza avec l’appui financier de la Caritas Internationalis.

Réunis dans la salle de réunion de la Caritas Goma, la délégation s’est entretenue avec le personnel de la Caritas Goma, tous les staffs confondus. Au cours de cette séance, le message de reconfort et d’encouragement de l’abbé Makimba, a touché les cœurs de ces humanitaires. Un message de compassion a été adressé au personnl de la CADEGO suite à la crise humanitaire que traverse le diocèse de Goma ; avec des violents combats qui continuent d’opposer le mouvement AFC/M23 aux Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et qui entrainent des conséquences graves sur la vie des population.
« Félicitation pour le travail bien fait auprès de cette population en situation de précarité. Je suis impressionné par le savoir-faire et l’expertise de la Caritas Goma. La situation actuelle exige une réponse coordonnée et courageuse. J’encourage son personnel de garder toujours l’attention pour être prêt aux alertes qui émanent de cette population qui reste toujours tournés vers eux », a déclaré le Secrétaire exécutif de la Caritas Congo avant de chuter : « je reste de cœur avec toute l’équipe de la Caritas Goma et je confie leur apostolat à la providence divine, félicitation et courage ! »
La RDC fait face à une crise humanitaire complexe, exacerbée par l’insécurité et les conflits, qui nécessite une réponse humanitaire massive et coordonnée pour répondre aux besoins urgents de la population. Dès lors les familles sont toujours en mouvement – retournant dans leurs villages. De manière générale, dans les zones de la province où la violence s’est quelque peu apaisée, les personnes déplacées ont accentué leurs mouvements de retour dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale et Nyiragongo. Afin de pouvoir soulager tant soit peu la souffrance de ces populations retournées, la Caritas Goma dans un projet de réponse humanitaire, a ciblé 1300 ménages dont 892 à Katembe et 408 à Malehe.
L’assistance a porté essentiellement sur la distribution des vivres et dont le paquet était constitué de 25 Kg de farine de maïs, 25 kg de riz, 20 kg de haricot, 5 litres d’huile et 1 kg de sel, permettant ainsi à chaque ménages de recevoir 76 kg de vivres. Soit un total de 98,8 tonnes des vivres ont été distribués à 1300 ménages.
Saluer et encourager le travail remarquable accompli par les équipes locales dans un contexte sécuritaire particulièrement délicat est ce à quoi est revenu également John Coughlin. En citant le pape François, le Délégué de la Caritas Internationalis a loué les œuvres de la Caritas Goma car elle sait se rendre vers les périphéries, témoignant ainsi de son amour envers ceux qui sont plus vulnérables. A Malehe où John Coughlin s’est rendu, l’entretien avec les bénéficiaires a tourné sur la qualité et les volumes des vivres. Rassemblés autour de lui, chaque bénéficiaire dudit projet est revenu sur le don reçu :

« Du riz, l’huile, les kilos d’haricot ainsi que la farine, voilà tout ce que j’ai reçu de la Caritas. C’est ça qui me permet aujourd’hui de tenir et de nourrir ma famille. Moi qui suis veuve, aujourd’hui, je ne compte plus que sur la providence. Nous avons vécu dans les camps des déplacés et aujourd’hui nous sommes de retour chez nous. Et quel que soit les difficultés que nous traversons, je suis certaine que Dieu ne nous laissera pas mourir de faim. C’est pourquoi il envoie la Caritas », commente Nyamahoro Regina, une mère de famille de Huit enfants.
« Ce que j’ai reçu de la Caritas me permet de m’organiser dans mon foyer. Je suis père de 12 enfants et il me revient de porter la charge de ma famille. Avant la guerre, je pouvais facilement m’occuper des travaux de mon champ. Mais malheureusement, nous manquons de semences car nous nous occupons d’abord de manger le peu que l’on trouve. Nous n’avons plus des vaches pour produire du lait et nos enfants souffrent de la malnutrition. On se reconstitue petit à petit et avec l’assistance des Caritas, demain sera meilleur. Pourvu qu’elles ne nous abandonnent pas », espère pour sa part Jean Byamungu
Le chef de localité Malehe, Batachoka Batiti, tout en remerciant les partenaires de la Caritas pour leur assistance, a saisi le moment pour présenter d’autres besoins qui restent sans réponse et a plaidé auprès des partenaires de la Caritas Goma afin de soulager leur souffrance. C’est entre autres des besoins liés au service de la maternité et néonatologie.
A en croire Batachoka, les femmes n’ayant pas des structures appropriées à Malehe, parcourent au moins 8 km jusqu’à Sake où se trouve un poste de santé pouvant les recevoir. Avec cette distance, plusieurs femmes ainsi que leurs bébés perdent la vie. En effet, le poste de santé de Malehe ne garde plus que son beau bâtiment. A l’intérieur, tous ou presque a été pillé en janvier et février dernier lors des affrontements FARDC –M23. Matelas, médicaments, draps, fenêtres, ont été emportés par des inconnus et vers une destination inconnue. Seuls les lits, soit cassés ou sans pieds ni matelas, sont restés. Bref, une situation de précarité dont tire l’alarme Batachoka. Celles qui ne peuvent pas se rendre à Sake, accouchent même sur le sol chez eux à la maison avec tous les risques que cela comporte.

Devant une cinquantaine des bénéficiaires, Abbé Pierre Kamani, Directeur de la Caritas Goma a également remercié ses partenaires financiers en leur rappelant combien leurs assistances sauvent des vies : « Dans un environnement aussi complexe et dangereux comme celui du Nord –Kivu, le travail qui est le nôtre est de rester attentif aux besoins de nos frères et sœurs. L’idéal est que notre pays recouvre la paix durable. Et je sais qu’il y a des efforts ainsi que la volonté dans ce sens au sein de notre gouvernement. Je remercie ici, ceux qui ne ferment pas les portes quand nous venons vers eux avec des projets d’assistance. Je dis merci à ceux qui n’hésitent pas à partager même 1 centime avec ceux qui n’ont rien. Et chaque jour, la Caritas se bat pour un monde un plus juste et meilleurs car la solidarité entre les structures locales, nationales et internationales est essentielle pour relever les défis humanitaires dans l’Est du pays. » a conclu l’abbé Pierre Kamani.
Lydie Waridi Kone
Communication