Nord-Kivu : grâce au projet « Femmes en Action », des femmes de Walikale retrouvent espoir et autonomie financière
Dans le territoire de Walikale, plusieurs femmes engagées dans les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) témoignent aujourd’hui des changements profonds observés dans leurs vies grâce au projet « Femmes en Action ».
Parmi elles figure Mbilizi Léontine, 48 ans, originaire de Mabeka. Cette mère de famille raconte comment ce projet a progressivement transformé ses conditions de vie et surtout son regard sur elle-même ainsi que l’avenir de ses enfants.
Milizi raconte qu’avant son intégration dans l’AVEC soutenue par le projet « Femmes en Action », elle vivait dans une situation de forte dépendance économique et avait peu de perspectives pour développer ses activités. Mais aujourd’hui, grâce aux prêts communautaires obtenus au sein de son groupe d’épargne, elle a développé un petit commerce de vente de bananes qui lui permet de générer des revenus réguliers. Elle a d’ailleurs nommé l’endroit où elle tient cette activité de vente ‘’boutique des bananes ‘’. Dans son avenue, c’est le nom qu’il faut dire si tu veux te procurer des bananes aux saveurs du ciel (bitika bya mbinguni, en langue swahili) comme elle aime plaisanter à qui veut l’entendre.
Elle affirme investir environ 90 000 francs congolais dans l’achat de marchandises et parvenir, après la vente, à réaliser un bénéfice oscillant entre 40 000 et 45 000 francs congolais selon les périodes et les réalités du marché.
Ces revenus lui permettent non seulement d’assurer l’alimentation de sa famille, mais également de réinvestir dans son commerce afin de maintenir son activité.
« Une partie de l’argent sert à nourrir la famille et une autre partie est réinvestie pour poursuivre le commerce », explique-t-elle.
L’un des changements les plus marquants reste la capacité retrouvée de prendre en charge la scolarisation de ses enfants. Séparée de son mari, Mbilizi ne peut compter que sur elle-même pour subvenir aux besoins de la famille.
Ainsi donc, grâce aux revenus tirés de son commerce, Mbilizi Léontine indique payer environ 20 000 francs congolais par mois pour les frais scolaires de ses enfants. Elle se réjouit surtout du fait que deux de ses enfants ont déjà obtenu leurs diplômes d’État grâce aux efforts réalisés à travers la boutique des bananes, son activité génératrice de revenus.
Dans un contexte marqué par les difficultés économiques et l’insécurité persistante dans plusieurs zones rurales du Nord-Kivu, ce résultat représente pour elle une grande victoire familiale.

Légende : une vue de Leontine Mbilizi avec ses enfants à la boutique des bananes
Étant à son troisième année d’exécution au Nord-Kivu, le projet Femmes en Action est une école de vie. En effet, au-delà de l’appui économique que lui apporte ledit projet, la bénéficiaire insiste sur l’impact des formations reçues.
Selon elle, les encadreurs leur ont appris à aimer leur travail, à mieux gérer leurs revenus, à accueillir convenablement les clients et à développer une attitude positive dans la communauté.
« On nous apprenait à travailler avec joie, à garder un visage souriant et à bien gérer même le peu que nous avons », témoigne-t-elle. Elle affirme également que ces enseignements ont renforcé la confiance de nombreuses femmes qui, auparavant, dépendaient totalement de leurs maris pour les besoins du ménage.
Pour cette bénéficiaire, le projet a démontré qu’une femme peut progressivement devenir autonome et participer activement à la stabilité économique de sa famille.
AVEC : Une approche respectueuse et adaptée aux réalités locales
Mbilizi Léontine souligne aussi l’importance du fonctionnement des AVEC, qu’elle juge plus humain et respectueux que certains systèmes de crédit informels.
Elle explique que les remboursements se font progressivement, selon les capacités des membres, dans un climat de dialogue et de confiance.
Cette approche permet aux femmes de développer leurs activités sans subir de pressions humiliantes ou de stigmatisation sociale.
Cependant, malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis demeurent dans la région. La bénéficiaire évoque notamment les difficultés liées à l’accès aux soins de santé, particulièrement lors des maladies touchant les membres de sa famille.
Face à cette réalité, elle lance un appel au projet Femmes en Action et à Jane Goodall Institute RDC (JGI-RDC) ainsi qu’aux partenaires du projet afin d’envisager la construction d’un hôpital dans certaines zones de Walikale pour améliorer l’accès des populations aux services médicaux.
Convaincue des impacts positifs du projet sur la vie des femmes rurales, Mbilizi plaide pour la poursuite et l’élargissement du programme à l’avantage de bénéficiaires.
« Je demande que ce projet continue pour aider encore beaucoup d’autres femmes. Ma vie a changé grâce à ce projet et je ne peux que dire merci », a-t-elle conclu avec émotion.
À travers des témoignages comme celui-ci, le projet « Femmes en Action » apparaît comme une initiative porteuse d’espoir pour les femmes rurales du Nord-Kivu, en favorisant leur autonomisation économique, l’éducation des enfants et le renforcement de la résilience communautaire face aux multiples défis sociaux et économiques.
Waridi Kone Lydie
Communication