Dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola dans la ville de Goma, la Caritas Développement Goma s’est engagée dans la prise en charge nutritionnelle des personnes identifiées comme cas contacts et placées en quarantaine.

Cette annonce a été faite ce mercredi 3 juin 2026 devant la presse par le chargé des urgences au sein du Bureau diocésain de la Caritas Développement Goma, M. Eddy Yamwenziyo.
Selon lui, son organisation assure depuis plusieurs jours la prise en charge nutritionnelle des personnes isolées au site de Kami, situé dans le quartier Bujovu, en commune de Karisimbi.
« Notre action s’étend à la prise en charge nutritionnelle des cas confirmés, des cas suspects ainsi que des cas contacts. Au niveau du site de Kami, nous accompagnons particulièrement les cas contacts appelés à passer 21 jours en quarantaine. Pour ceux qui sont libérés avant ce délai, l’assistance se poursuit au sein de leurs ménages », a-t-il expliqué.
Pour assurer cette prise en charge, la Caritas prépare quotidiennement des repas chauds à partir des intrants fournis par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), notamment la farine de maïs, les haricots, l’huile et le sel.
« Grâce à un appui complémentaire dont nous bénéficions, nous ajoutons également de la viande, du poisson, des fruits et d’autres compléments alimentaires afin de garantir une alimentation équilibrée aux bénéficiaires », a précisé M. Yamwenziyo.
L’assistance ne se limite pas aux personnes placées en quarantaine. Elle s’étend également à leurs dépendants afin que ces derniers ne viennent pas les chercher sur le site d’isolement.
Le responsable des urgences reconnaît toutefois les risques auxquels sont exposées les équipes d’intervention. À ce sujet il a rassuré que toutes les mesures de sécurité et de protection sont rigoureusement appliquées à l’entrée comme à la sortie du site.
Une intervention urgente confrontée à plusieurs défis

Malgré son engagement, la Caritas Développement Goma fait face à plusieurs contraintes dans la mise en œuvre de cette assistance humanitaire.
Le premier défi concerne l’adhésion des bénéficiaires aux mesures de riposte.
« Certains sont encore réticents et réclament leur libération avant même la disponibilité des résultats de dépistage. Ils ne sont pas encore conscients du risque que peut créer leur mouvement si on les laisse circuler librement en communauté» déploré M. Yamwenziyo.
À cela s’ajoutent des difficultés financières et logistiques. Selon lui, cette résurgence d’Ebola intervient dans un contexte humanitaire déjà marqué par de nombreux besoins non couverts.
« Face à l’urgence, nous avons dû mobiliser la même équipe qui intervenait dans la lutte contre l’épidémie de Mpox, ainsi qu’une partie du matériel déjà disponible », a-t-il indiqué.
Le contrôle et le suivi des personnes isolées constituent également un défi majeur.
« Certains attendent encore leur dépistage tandis que d’autres sont dans l’attente des résultats de laboratoire. Or, les analyses prennent parfois plus de temps. Cela représente un défi important pour nous dans le cadre de la prise en charge humanitaire», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, l’intervention de la Caritas prévoit également la prise en charge des femmes enceintes ainsi que des enfants présentant des signes de malnutrition au sein des ménages des cas confirmés, suspects ou contacts.
En conclusion, M. Eddy Yamwenziyo a appelé la population au respect strict des mesures de prévention et à une collaboration active avec les équipes de riposte, notamment lorsqu’une personne est identifiée comme cas contact.
Avec Emmanuel Barhebwa,
Freelance