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Ndjingala : les femmes du groupe « Amkeni » reconstruisent leurs vies grâce à la Culture des ciboules dans le cadre du projet Femmes en Action

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Dans la localité de Ndjingala, en territoire de Walikale au Nord-Kivu, des femmes membres du groupe « Amkeni » témoignent aujourd’hui des changements importants observés dans leurs familles et dans leur communauté grâce au projet « Femmes en Action ».

En effet, ce qui semblait jadis difficile voire impossible dans leur contrée : la culture des ciboules ; est devenue une réalité au grand plaisir des femmes bénéficiaires du projet Femmes en Action et surtout pour la communauté. Consommer des ciboules, cette variété d’oignon était jadis réservée à une certaine classe sociale à Walikale. Mais les femmes du projet Femmes en Action, réunies dans une association paysanne, arrivent aujourd’hui en produire et à en vendre au marché à un prix abordable  permettant ainsi au panier de la ménagère  d’avoir  d’autres saveur lors de l’utilisation culinaire.

Blandine Tabu, une de membre du groupe Amkeni (relève-toi, en Français) a expliqué comment cette initiative a progressivement permis aux femmes rurales de renforcer leur autonomie économique à travers les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC).

Selon la bénéficiaire, l’idée de créer cette dynamique communautaire est née grâce à l’accompagnement des encadreurs du projet FeA ainsi qu’à l’implication de certains membres venus partager leurs expériences.

Les femmes ont commencé par organiser des réunions communautaires, préparer des champs collectifs et développer des activités agricoles. Elles cultivent principalement le manioc ainsi que d’autres produits champêtres afin de générer des revenus pour leurs ménages.

« Avant, nous faisions seulement de petites activités sans organisation. Aujourd’hui, nous avons appris à travailler ensemble et à préparer l’avenir », témoigne Blandine Tabu.

Grâce aux activités d’épargne et de crédit mises en place dans les AVEC, les femmes ont appris à cotiser régulièrement afin de constituer un fonds communautaire. Chaque membre contribuait progressivement selon ses capacités, notamment à travers des cotisations évaluées à 2 500 francs (mois de 2 dollars américain) congolais sur une période bien déterminée.

Ce système leur a permis de financer plusieurs activités génératrices de revenus et d’investir dans des projets communautaires.

Aujourd’hui, grâce aux bénéfices obtenus à travers la culture des ciboules et les activités collectives, ces femmes disposent désormais d’une parcelle agricole, d’un étang piscicole ainsi que d’un élevage de quatre chèvres.

Selon les membres du groupe, ces réalisations représentent une étape importante vers leur autonomie économique et la stabilité de leurs familles.

Au-delà des revenus, les bénéficiaires insistent également sur les changements observés au sein des ménages. Pour Blandine Tabu, plusieurs femmes étaient peu considérées dans leurs familles et vivaient parfois dans des situations de dépendance économique ou de conflits conjugaux. Mais avec les formations reçues dans le cadre du projet « Femmes en Action », les femmes apprennent progressivement à mieux gérer leurs revenus, à dialoguer avec leurs maris et à participer activement aux charges du ménage.

Selon elle, cette évolution pousse également certains hommes à reconnaître davantage les efforts fournis par leurs épouses.

« Aujourd’hui, les hommes commencent à comprendre et apprécier le travail que nous faisons », affirme-t-elle.

Des défis persistants malgré les progrès

Malgré les avancées enregistrées, plusieurs difficultés persistent encore dans les activités agricoles des femmes de Ndjingala.

Les membres du groupe évoquent notamment le manque d’engrais et de fumier pour améliorer la fertilité des sols et augmenter la production agricole : «  La culture des ciboules exige un sol humide alors que Walikale est connue pour sa chaleur. Pour pallier à cela, nous recourons chaque fois à notre étang piscicole pour puiser de l’eau.  Ce qui expose également nos poissons qui ont besoin d’eau », explique Tabu.

Ces femmes espèrent ainsi bénéficier d’un accompagnement supplémentaire afin de renforcer leurs capacités de production et poursuivre les activités initiées grâce au projet.

Pour ces femmes rurales de Walikale, le projet « Femmes en Action » apparaît aujourd’hui comme une véritable source d’espoir, de solidarité et de transformation sociale au sein de leurs communautés.

Waridi Kone Lydie

Communication

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