Dans le village de Combo, dans le groupement de Miti, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu, des changements sont observés dans la manière dont les femmes participent à la vie familiale et communautaire. Selon Karagi Musole, chef du village de Combo, ces évolutions sont notamment liées au contrat social mis en place dans le cadre du projet « Femmes en Action ».

Pour le chef du village, ce mécanisme a favorisé le dialogue au sein des ménages et une meilleure compréhension des responsabilités entre les hommes et les femmes. Il estime que les échanges autour du contrat social ont encouragé les hommes à davantage considérer leurs épouses comme des partenaires dans la gestion de la famille et dans la recherche de solutions aux différents problèmes du ménage.
Le dialogue au cœur du changement
Selon Karagi Musole, le contrat social repose notamment sur l’écoute, la concertation et le partage des responsabilités. L’objectif est de favoriser une collaboration entre hommes et femmes, afin que chacun puisse participer à la gestion de la famille et à la vie de la communauté.
Le chef du village observe ainsi une évolution dans les relations entre les membres des ménages. Les femmes sont davantage encouragées à prendre la parole, à connaître leurs droits et à participer aux décisions qui les concernent.
Des avancées sur le droit à l’héritage
Le témoignage de Karagi Musole porte également sur l’évolution des droits des femmes en matière d’héritage.
Il cite notamment les changements intervenus au niveau de la chefferie de Kabare, où les autorités coutumières ont désormais autorisé qu’une fille puisse, au même titre qu’un garçon, bénéficier de l’héritage laissé par ses parents.
À Combo, le chef du village affirme que plusieurs femmes peuvent aujourd’hui hériter des biens de leurs parents. Pour lui, cette évolution marque un changement dans les pratiques et dans la reconnaissance de la place des femmes au sein de la communauté.
Cette question reste importante dans un contexte où certaines pratiques coutumières ont longtemps limité l’accès des femmes à l’héritage et à la propriété. Le contrat social a ainsi permis d’aborder ces questions et de sensibiliser la communauté sur les droits des femmes, notamment en matière de propriété des biens et des terres.
Les femmes davantage engagées dans l’agriculture et l’élevage

Karagi Musole souligne également que les femmes de son village ont développé différentes activités grâce aux initiatives du projet « Femmes en Action ».
Certaines se sont engagées dans l’agriculture, tandis que d’autres pratiquent l’élevage. Ces activités leur permettent de disposer de moyens pour répondre à certains besoins de leurs familles et de participer davantage aux dépenses des ménages.
Pour le chef du village, ces initiatives contribuent directement à l’autonomisation économique des femmes. Elles ne sont plus uniquement dépendantes des ressources apportées par leurs maris, mais peuvent elles-mêmes développer des activités et générer des revenus.
Des femmes engagées dans la protection de la biodiversité

L’engagement des femmes ne se limite pas aux activités économiques. Karagi Musole évoque également leur participation à la protection de l’environnement.
Dans le cadre du projet « Femmes en Action », plusieurs femmes ont bénéficié de plantules d’arbres qu’elles ont plantées sur leurs terres. Des centaines de plantules ont ainsi été mises à leur disposition afin de contribuer à la restauration et à la protection de la biodiversité.
Cette initiative vise notamment à réduire la pression exercée sur les ressources forestières du Parc national de Kahuzi-Biega, situé à proximité du groupement de Miti. L’idée est de permettre aux femmes de disposer progressivement d’arbres sur leurs propres terres et de limiter ainsi leur recours aux ressources du parc, notamment pour le bois.
Pour le chef du village, cette démarche présente un double intérêt : protéger l’environnement tout en permettant aux femmes de valoriser leurs propres terres et de disposer, à terme, de ressources issues de celles-ci.
Au-delà des activités génératrices de revenus, Karagi Musole insiste sur l’évolution des connaissances des femmes concernant leurs droits.
Selon lui, le contrat social a permis à plusieurs femmes de mieux comprendre leurs droits et la manière de les faire valoir. Elles savent davantage comment participer aux décisions, exploiter leurs terres, développer leurs activités et revendiquer leurs droits au sein de la communauté.
Le chef du village estime que ces connaissances constituent un changement important, car l’autonomie ne repose pas uniquement sur les revenus. Elle passe également par la capacité à connaître ses droits et à les exercer.
Des femmes qui prennent davantage en charge leurs familles

Pour Karagi Musole, les effets de ces changements sont désormais visibles dans la vie quotidienne. De nombreuses femmes développent aujourd’hui de petites activités commerciales, cultivent leurs champs ou pratiquent l’élevage.
Certaines parviennent ainsi à contribuer aux dépenses de leurs familles et à prendre en charge une partie de leurs propres besoins. Cette capacité à générer des ressources renforce leur participation à la vie du ménage et leur autonomie.
Le chef du village considère que ces changements constituent un signe d’évolution sociale dans sa communauté.
Face aux changements observés, Karagi Musole encourage le projet « Femmes en Action » à poursuivre son accompagnement des femmes et à ne pas baisser les bras.
Il estime que les résultats obtenus montrent l’importance de continuer à soutenir les initiatives permettant aux femmes de développer leurs activités, de connaître leurs droits et de participer davantage à la vie de leurs communautés.
Pour lui, la poursuite de cet accompagnement permettrait de consolider les acquis déjà enregistrés et d’offrir à davantage de femmes la possibilité de devenir autonomes, de développer leurs activités et de contribuer davantage au bien-être de leurs familles.
À travers son témoignage, le chef du village de Combo décrit donc un changement qui ne se limite pas aux revenus ou aux activités génératrices de revenus. Il évoque également une transformation progressive des relations sociales, de la perception des droits des femmes et de leur participation à la vie communautaire.
De l’agriculture à l’élevage, du petit commerce à la plantation d’arbres, les femmes sont aujourd’hui davantage impliquées dans des activités qui leur permettent de contribuer à la vie de leurs ménages tout en renforçant leur autonomie.

Pour Karagi Musole, la poursuite du projet reste donc importante afin que ces changements puissent s’enraciner davantage dans la communauté et bénéficier à un plus grand nombre de femmes.
Rappelons que le projet « Femmes en Action » est mis en œuvre dans les territoires de Kabare, Mwenga et Kalehe au Sud-Kivu, ainsi qu’à Walikale au Nord-Kivu. Il vise à promouvoir l’autonomisation des femmes à travers le renforcement de leurs droits économiques et sociaux, tout en faisant de la préservation de la biodiversité un levier de résilience communautaire. Le projet est financé par Affaires Mondiales Canada, en consortium avec le Jane Goodall Institute Canada et la Fondation Paul Gérin-Lajoie.
Lydie Waridi Kone
Communication