En marge de la Journée nationale Justice et Paix (JNJP) prévue le 20 septembre 2026, sous le thème : « Investir pour une paix inclusive afin de bâtir une RD Congo plus juste, où règnent la compassion, l’égalité et la dignité pour tous et toutes », la Commission diocésaine Justice et Paix de Goma (Nord-Kivu) a réuni, le jeudi 17 septembre, les agents pastoraux de Justice et Paix autour d’une récollection à Goma. Objectif : offrir une opportunité de ressourcement spirituel aux agents de la pastorale Justice et Paix pour booster leur zèle apostolique en faveur de la justice, de la paix et de la civilisation de l’amour.

La récollection a débuté par une catéchèse animée par le révérend abbé Raymond Kubengana, directeur adjoint du Centre diocésain de pastorale, catéchèse et liturgie (CDPCL-Catéchèse). Son intervention était axée sur la récente encyclique du pape Léon XIV, Magnifica humanitas, avec une attention particulière portée à la dignité de la personne humaine et de la Terre, notre maison commune, à l’ère de l’intelligence artificielle agressive et du progrès technologique ravageur.
Dans son exposé, le religieux a établi un parallèle avec l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII, publiée en 1891 dans un contexte marqué notamment par la révolution industrielle, l’exploitation des ouvriers, l’appauvrissement et les inégalités sociales. Selon son analyse, les interrogations d’aujourd’hui portent notamment sur le contrôle de l’intelligence artificielle, la place des entreprises et la manière de préserver la dignité des travailleurs face à la puissance des nouvelles technologies.
Il a insisté sur le fait qu’aucune machine ne peut remplacer le cœur humain, notamment le cœur compatissant et miséricordieux. La réflexion a ainsi été élargie au respect de la vie et de l’être humain dans sa totalité, mais également au respect de la Terre.
La catéchèse a également mis en avant plusieurs valeurs considérées comme essentielles dans l’engagement Justice et Paix : le respect, la cohabitation pacifique, la justice, la liberté, la fraternité et la solidarité. L’accent a particulièrement été mis sur la nécessité de sensibiliser l’ensemble de la communauté, notamment les jeunes.

L’engagement des agents pastoraux de Justice et Paix a, par ailleurs, été présenté comme un travail de médiation et de réconciliation. Il consiste notamment à se placer entre des personnes en conflit afin de les aider à se réconcilier, à redécouvrir la beauté du pardon, de la paix et de l’entente.
Le Christ a été présenté comme le modèle de cet engagement, lui qui est considéré comme le médiateur parfait entre Dieu et les hommes. À travers son attitude face aux conflits, les agents de Justice et Paix sont appelés à promouvoir le dialogue, à dénoncer la violence et à contribuer à la construction d’une civilisation de l’amour.
L’intervenant a toutefois souligné que cet engagement ne doit pas se limiter à des actions sociales ou politiques. Il doit également prendre sa source dans la prière, la méditation, l’Eucharistie et la vie de l’Église. L’amour reçu dans les sacrements doit, selon cette réflexion, être transformé en actes concrets dans l’apostolat.
La notion de charité a ainsi occupé une place importante dans cette catéchèse. Elle a été présentée comme « l’amour en action », c’est-à-dire la matérialisation de l’amour de Dieu dans les actes posés au quotidien en faveur des autres.
La récollection a également comporté un moment consacré à la confession sacramentelle, présentée comme une occasion de conversion. À travers le pardon reçu de Dieu, les participants sont invités à devenir eux-mêmes capables de pardonner et de se réconcilier avec les autres, à l’image du Christ qui accueille et ne juge pas.
À travers cette récollection, la Commission diocésaine Justice et Paix de Goma entend ainsi renforcer la dimension spirituelle de l’engagement de ses agents pastoraux, tout en les encourageant à traduire les valeurs chrétiennes de justice, de paix, de fraternité et de solidarité en actions concrètes au sein de la communauté.
Lydie Waridi Kone