C’est par un atelier que la Caritas Goma a lancé officiellement le projet d’assistance à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement aux articles ménagers essentiels et à la protection en faveur des ménages affectés par les crises dans la province du Nord-Kivu en RD Congo. Un projet financé par BHA/USAID pour une période allant du 25 septembre 2024 au 25 septembre 2025.

Les problèmes d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement constituent un défi majeur au niveau des ménages dans la zone de santé de Pinga. Seulement 29,7% de la population a accès à l’eau potable et 7,4% à l’assainissement et à l’hygiène. Cette situation est à l’origine de la prolifération de maladies d’origine hydrique (diarrhée, verminose, typhoïde et paludisme, etc.) qui affectent l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans, avec un taux de malnutrition aiguë globale (MAG) estimé à 4,7%, MAS à 2,0% et malnutrition chronique à 65,8% (rapport de la zone de santé de Pinga, décembre 2022).
« C’est une deuxième phase qui est lancée dans le cadre de ce projet sauf que dans cette dernière on y a ajouté le volet protection qui n’existait pas dans la première phase. Ce projet est multisectoriel et va donc intervenir dans le Wash, la distribution des NFI et la protection communautaire », a déclaré Idi Bandu, Coordonnateur du département de BDD (Bureau Diocésain de Développement) au sein de la Caritas Goma lors du lancement du dit projet, devant différentes autorités locales présentes à cette activité.
2800 ménages bénéficiaires seront ciblés dans 6 aires de santé dont Rungoma, Mutongo, Kaseke, Kailenge, Mpeti et Katanga. Un projet qui va s’exécuter par intégration de toutes des populations notamment les déplacés, les familles d’accueil, les retournés, les personnes handicapées et les pygmées.
La population de ces contrées vit dans un environnement insalubre, notamment dans l’aire des enfants de moins de 5 ans souffrent de diarrhée simple. Il n’y a presque pas de latrines hygiéniques ni de fosses à ordures pour environ 78 % des ménages. Deux ou trois ménages partagent une porte de latrines avec des conditions d’hygiène déplorables. Cela conduit les ménages à déféquer à l’air libre. Il y a une absence de comités d’hygiène chargés de la sensibilisation et de la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et des moments clés du lavage des mains, constat fait par la Caritas Goma dans son rapport d’évaluation rapide dans cette zone.
Cependant, ce projet qui répond aux besoins des personnes touchées par les crises à travers des interventions WASH, la fourniture de kits NFI ainsi que la protection communautaire visera à soutenir les personnes vulnérables à pouvoir répondre à leurs besoins fondamentaux et à réhabiliter les actifs et les infrastructures communautaires qui soutiennent la vie et les moyens de subsistance de la communauté.

Face au lancement de cette deuxième phase du projet, les populations de cette zone de santé de Pinga n’ont pas su cacher leur gratitude à la Caritas Goma et à USAID. C’est le cas de Busanga Changwui, répresentant du Mwami du groupement Kisimba : « Nous présentons notre gratitude à USAID et Caritas Goma qui se sont encore souvenus de notre zone de santé. Nul parmi nous n’ignore que notre zone a longtemps été affecté par des conflits armés qui ont engendrés nombreuses conséquences dont les déplacements massifs des populations. Nous louons le courage de la Caritas Goma, qui n’a ménagé aucun effort pour arriver ici à Pinga quel que soit le mauvais état de nos routes et l’insecurité. Nous serons très ravis si la Caritas met en œuvre tout ce que prévoit ce projet, surtout la construction d’autres réservoirs, la multiplication des robinets parce qu’à travers cela les conditions de vie sanitaires de nos populations seront améliorées. Toutefois, nous restons disponibles à soutenir ce projet dans tous les cas possibles. Sur ce, j’appelle toute la population à s’approprier ce dit projet, à se joindre à la Caritas pour sa bonne mise en œuvre puisque ce projet est pour nous, il est exécuté pour notre intérêt ».
« L’accès à l’eau potable est un grand problème au sein de notre zone. J’exhorte toute la population à travailler main dans la main avec la Caritas pour le bon déroulement des activités de ce projet », a déclaré pour sa part Maombi Kahindo, Présidente des mamans de Pinga.
Pour Bayomba Safri, Vice-Président de la société civil du groupement Kisimba c’est projet va soulager les problèmes des populations de cette zone, surtout le problème d’accès à l’eau potable. Il a ensuite recommandé à la Caritas de travailler en franche collaboration avec les populations locales qui seront bénéficiaires directs et travailler pour la pérennisation de ce projet après le départ de la Caritas.
Signalons que pendant la première phase dudit projet, la Caritas a construit des latrines propres à des familles et a implanté un réservoir d’eau potable de 60 m3 qui sert 5560 personnes à Rungoma. Aussi une foire a été organisée en faveur de 800 ménages vulnérables de 23 villages de la zone de santé de Pinga ont eu à bénéficier des articles ménagers essentiels (AME), des kits WASH NFI et des kits d’hygiène intime.
Patrick Ndolero,
Communication