CARITAS DEVELOPPEMENT GOMA
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Des sinistrés et déplacés capacités sur les techniques de plaidoyer par la Caritas Goma

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Dans le souci d’accompagner les personnes déplacées et sinistrées, la Caritas Goma à travers son département de la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) a mis en place le jeudi et vendredi 16 et 17 février 2023, un atelier sur ‘‘la concertation d’analyse, de réflexion, d’échange, de plaidoyer, de sensibilisation et de conscientisation en faveur des autorités, cadre de base et locaux’’ dans la localité de Kanyaruchinya. Ceci, dans le cadre du projet de soutien aux personnes vulnérables déplacées dans la périphérie de Goma, avec une attention particulière pour les femmes, un projet financé par Misereor.

Le Nord-Kivu endure d’événements qui font déplacer les populations de leurs demeures ; c’est soit l’éruption, soit la guerre qui les oblige à tout laisser et chercher un endroit où elles peuvent espérer trouver du confort. Après avoir tout quitté pour sauver leurs vies, déplacés comme sinistrés se retrouvent dans le devoir de cohabiter ensemble.

C’est dans le but de vouloir maintenir cette harmonie du vivre-ensemble que la Caritas Goma a organisé un atelier en faveur des sinistrés et déplacés qui partagent la même situation.

Durant deux jours d’atelier de formation, la CJDP a réuni une soixantaine des participants à Nyiragongo, dans le groupement de Buvira, localité de Kanyaruchinya. Des participants constitués des Gestionnaires des plaintes, Chefs des villages, Secrétaires de site, Agents de l’ordre… parmi lesquels se trouvent les sinistrés et déplacés.

Les sujets relatifs aux situations que traversent actuellement ces nécessiteux, la sensibilisation,  les techniques de plaidoyer, les renseignements sur les agents de l’ordre en charge de la violation basée sur le Genre et sa prévention, l’accompagnement psychologique et juridique des survivantes des viols et violences sexuelles sont les différentes thématiques sur lesquelles cet atelier s’est articulé et sur lesquelles cette deuxième phase du projet va s’exécuter sachant la première était consacrée à la protection des sinistrés.

C’est avec un air de détermination que les participants ont raconté leur ravissement.

« On nous a appris comment cohabiter avec le voisin vu qu’on s’est tous déplacés et comment résoudre certains conflits qui peuvent surgir entre nous. Je suis désormais prêt à mettre en pratique ce que je viens d’apprendre, c’est mon devoir d’orienter les sinistrés et les déplacés dans une plaidoirie, les conduire à une structure qui peut les accompagner lorsqu’il y a  plainte d’une partie »  a fait savoir Masira Edouard, Secrétaire du site de Kanyaruchinya.

Réagissant à un constat qu’il y aurait certains agents de l’ordre qui se seraient installés dans le camp pour profiter de la ration des sinistrés et déplacés, Ibrahim Ikelo, agent de l’ordre et participant dans l’atelier a exprimé son vœu d’organiser des assises de sensibilisation pour éclairer le bien-fondé de sinistrés et déplacés et d’avoir des sites de cantonnement, cela différemment des leurs.

Au-delà du contentement les participants ont dévoilé les problèmes qui les comblent en conséquence : « On a encore beaucoup à demander et nous savons maintenant que la Caritas peut nous aider à faire parvenir nos plaintes, mais l’essentiel est de nous défendre sur les cas des violences faites aux femmes et jeunes filles dans notre camp ; à faire respecter les droits de l’Homme car les structures concernées ne s’en occupent pas comme il faut », a laissé entendre Masira Edouard.

Balolo Chantal, Gestionnaire de plainte au site de Kahembe a plus insisté sur la violence que subissent les sinistrés dans le camp : « Les déplacés sont vénus et ont démoli nos bâches disant que les nouveaux déplacés sont très prioritaires que les sinistrés rencontrés dans le site de cantonnement, ils ne veulent plus voir nous dans le camp. Jusqu’à présent, ces sinistrés dorment dehors. Je suis partie me plaindre auprès des agents de droit de l’Homme mais j’ai ensuite été convoquée au tribunal de Kahembe par ces mêmes personnes qui violent nos droits. J’ai déversé là-bas tout l’argent que je devais payer la ration à mes enfants. Nous demandons à la Caritas de nous aider, jusque-là les tentes démolies ne sont pas construites et les auteurs de ces actes ne se reprochent de rien. Nous venons de passer 21 mois sans aucune assistance et sans que les enfants n’aillent à l’école. Que le Gouvernement nous aide également à nous sortir de cette situation. Nous avons déjà nos jetons, nous pouvons quitter  cet endroit  et construire des cabanes dans nos parcelles. »

Pour sa part, Faustin Ngumbi, Coordonnateur du présent projet a montré ce qui a sûrement conduit à la deuxième phase de ce projet :

« Les déplacés et sinistrés vivent ensemble, et il y a beaucoup de violation. Ce projet vient prévenir les violations, accompagner les femmes vulnérables, les jeunes filles pour qu’elles connaissent leurs droits spécifiques en tant que déplacés internes. Nous allons cibler certains groupes des personnes très vulnérables et faire en sorte qu’ils se relèvent à travers les démarches d’autonomisation et autres actions que nous allons mener dans ce projet. »

Les déplacés et sinistrés vivant dans des sites, endurent une condition, surtout les femmes et jeunes filles ; elles subissent des violences et sont obligées de garder silence par peur d’être plus agressées. Cela trouble leurs psychologies et les poussent à se renfermer. C’est pourquoi, les structures humanitaires sont priées de venir à leur secours, les écouter attentivement, les mettre en confiance et les aider à obtenir justice pour qu’elles retrouvent leurs sourires, a  déclaré  Faustin Ngumbi.

Signalons que ce projet est une deuxième phase de celui qui a commencé depuis 2022 et avait une période de 6 mois, il s’est chargé d’appuyer les sinistrés de la dernière éruption dans le cadre de la protection.  Cette deuxième phase va durer une année et 9 mois et va inclure les déplacés dans la cohabitation pacifique.

Lysa Sibo, stagiaire

Cellule de Communication

 

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